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Pascal Le Rest : un regard sur notre petite patrie

mortagne-au-perche-t61-mav.jpgEthnologue, universitaire, direction de collection, photographe, adepte des arts martiaux, l’inclassable Pascal Le Rest nous offre deux nouveaux ouvrages consacrés à sa passion pour l’Eure-et-Loir et pour le Perche.

Pascal Le Rest est connu comme le loup blanc par toutes celles et ceux qui vivent dans notre petite patrie, pour reprendre une expression autrefois usuelle. La petite patrie, c’est à la fois le territoire où se déroule notre vie et l’héritage parfois millénaire de paysages, de monuments, d’us et de coutumes… Comme l’écrivait Jean Jaurès, l’amour de la petite patrie mène à l’amour de la grande. Les anciennes provinces de Beauce, du Perche, du Thymerais, du Drouais… pour ce qui nous concerne. Et, bien sûr, l’Eure-et-Loir. Avec une création en 1790 par l’Assemblée constituante, le département a acquis une profondeur historique et culturelle indéniable. L’attachement des Français à leur département est bien connu. Installé en Eure-et-Loir depuis plus de trente ans, Pascal Le Rest le confirme brillamment par ses œuvres. Les membres du Cercle Condorcet-Viollette ont donné des recensions de deux de ses précédents ouvrages «  L’Eure-et-Loir. Promenades insolites » et « Les Euréliens en portraits»Tous deux parus aux Editions Sutton  basées à Tours et spécialisées dans la publication de beaux livres illustrés (à prix accessibles) d’histoire locale. On trouve dans son catalogue une bonne dizaine de monographies photographiques de certaines de nos villes et cantons. Elles viennent de publier « Eure-et-Loir. Les 40 plus beaux sites ».

Eure-et-Loir. Les 40 plus beaux sites .jpgEure-et-Loir. Les 40 plus beaux sites 

rPascal Le Rest poursuit dans ce nouveau livre sa route de promeneur attentif et érudit. L’ouvrage est divisé en quatre parties. Les lecteurs du Cercle Condorcet-Viollette, investis dans une histoire populaire de l’Eure-et-Loir, ont bondi sur la troisième partie. Intitulée « Patrimoine pittoresque », elle traite de plus prés de la vies de nos prédécesseurs au travers de lieux spécifiques : des dolmens de Changé porteurs des traces de mystérieuses cérémonies païennes à la Maison Picassiette, chef d’œuvre de Raymond Isidore, en passant par le beffroi de Dreux, symbole de pierre des libertés communales acquises par une charte de 1180, le canal et l’aqueduc de Maintenon où des dizaines de milliers d’ouvriers ont sué sang et eau au XVII° siècle, les derniers moulins (il y en a eu plus de 800), l’écomusée des vignerons drouais, les lavoirs de Droué-sur-Drouette, et la terrible guerre de 1870 où 9000 Français et Prussiens perdirent la vie à Loigny, devenue Loigny-la-Bataille. Un musée est consacré à ce qu’on a pu appeler la première des guerres civiles européennes.

A la suite de cette plongée dans le monde populaire, nous pouvons apprécier la quatrième partie consacrée à un patrimoine naturel eurélien trop souvent sous-estimé. Les paysages français sont l’œuvre des paysans français sur laquelle les pouvoirs publics se sont s’exercés pour les mettre en valeur. La fameuse Sylva Pertica des Gaulois, aujourd’hui forêt de Senonches, en est un des plus beaux exemples ainsi que l’autre grande forêt domaniale, celle de Dreux, parsemées de trésors historiques. Elles ne doivent pas faire négliger des lieux plus discrets : l’étang d‘Ecluzelles, les carrières de Berchères-les-Pierres qui ont permis la construction de la cathédrale de Chartres,  et le Pré Catelan, jardin dessiné par l’oncle de Marcel Proust, Jules Amiot.

Les châteaux et les églises furent les hauts lieux du pouvoir. Ceci appartient à l’histoire. Sachons nous souvenir qu’ils furent bâtis par des compagnons et des architectes d’un immense talent. Et les apprécier ainsi à leur juste valeur. Pascal Le Rest nous fait visiter une douzaine de châteaux, de Maintenon à Frazé. Comme ces deux là, beaucoup sont remarquablement conservés et, là aussi, les pouvoirs publics ont su intervenir en les classant monuments historiques. Les vestiges du château de La Ferté-Vidame, et l’épaule de Gallardon saccagée lors des guerres de religions, conservent un charme étrange… Dernière étape de notre lecture très personnelle : les églises, prieurés, abbayes… avec la très symbolique chapelle royale de Dreux et la cathédrale de Chartres, une des plus magnifiques d’Europe. On y retrouve le travail humain et le savoir-faire déjà évoqués pour les châteaux mais aussi, dans les abbayes, le travail agricole et architectural des moines. 

rest perche 1.pngLe Perche. Histoire, patrimoine, art de vivre.

Au moment où nous apprenons le décès d’Alain Morin, journaliste et grand militant culturel, président des Amis du Perche, qui a consacré sa vie à sa petite patrie, le Perche, il est bon de se plonger dans cet ouvrage publié par les Editions La Mésange bleue. En complément de la vie quotidienne et de l’attention portée à son passé et à son environnement, donc à son futur, chacune et chacun pourra se remettre en tête ou découvrir le Perche. Pascal Le Rest l’a divisé en trois grandes parties. La première est bien sûr historique. Les mégalithes ne sont pas rares. Certains ont de jolis surnoms comme le Palet de Gargantua. D’autres sont classés au titre des monuments historiques comme la Pierre cochée. Les Celtes, Carnutes et Sénons, marquent ensuite durablement le territoire.

La saga des comtes de Rotrou, de Mortagne et des seigneurs de Bellême est ensuite détaillée. La guerre de cent cause, comme dans le reste du royaume, de grands dommages aux gens du peuple. Plusieurs centaines partirons ensuite pour construire ce qui deviendra le Québec, où le nom le plus porté aujourd’hui est celui de Tremblay. Héritage de la venue de Pierre Tremblay, originaire de Tourouve-au-Perche. La statue d’un autre audacieux voyageur, Pierre Boucher, trône à Mortagne-au-Perche où il est né. Constitutif de l’identité locale, le cheval percheron est mis à l’honneur sur huit pages.

La deuxième partie du livre est consacrée au patrimoine. Elle est précédée d’une présentation d’un philosophe qu’on ne lit plus assez: Emile Chartier, dit Alain. Ce penseur de premier plan, auquel un musée est justement consacré, peut nourrir notre réflexion la plus actuelle face aux défis qui sont devant nous. Comme dans l’ouvrage précédent mais sous une autre forme, châteaux, abbayes, manoirs, commanderies et basilique défilent sous nos yeux, richement illustrés par de remarquables photos prises par l’auteur.

La troisième partie lie de façon originale le patrimoine naturel à l’art de vivre. Les villages et les bourgs percherons sont, par définition, à taille humaine. Et même les villes. Beaucoup ont su conserver un certain cachet. Une gastronomie honorable, où le boudin noir de Mortagne côtoie les tripes de Longny, arrosés d’un cidre récemment consacré,  s’y ajoute. On ne s’étonne pas que cette région, à la fois proche et éloignée de Paris, soit prisée pour son charme discret.

Les habitants du Perche et de l’Eure-et-Loir savent apprécier leur petite patrie. Comme ils savent que leurs ancêtres ont traversé bien des épreuves pour la mettre en valeur. Le nom même du Perche-Gouët (le Perche des gueux) au sud-est du territoire le rappelle. Les beaux livres de Pascal Le Rest sont à lire, à feuilleter, et à mettre en perspective des récits d’Alain Denizet, des romans d’Olivier Cojan, voire des inventaires de la mémoire populaire réalisés par Félix Chapiseau…

Histoire populaire de l'Eure-et-Loir

Le Cercle Condorcet-Viollette propose en ligne l'Histoire populaire de l'Eure-et-Loir 

cercles_condorcet_CMJN_couleur.jpgLes Cercles Condorcet sont affiliés à la Ligue de l'enseignement. Mouvement d'éducation populaire laïque, la Ligue est une confédération réunissant des Fédérations départementales, dont celle d'Eure et Loir.  La Ligue est aussi un mouvement d'idées. Les initiatives des Cercles sont accompagnés par une édition "Cercles Condorcet" sur Médiapart. La Ligue anime également une édition "Laïcité". 

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