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Collectif Laïque d'Eure et Loir

  • Banquet républicain le 25 mai

    Les banquets existent bien sûr depuis l’Antiquité. Mais lors de la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790, ils prennent un sens nouveau puis  le nom de banquet républicain. Lors de ces repas l'accent est mis sur les trois principes de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité. En 1948 c’est une grande campagne de banquets qui mobilise et permet l’avènement de la II° république. La grande époque des banquets républicains fut bien sûr la III° République.

    Un jeune historien, Jean-Victor Roux, est l'auteur de "La table, une affaire d'État" paru aux éditions du Cerf et préfacé par la journaliste Raphaëlle Bacqué. Dans un entretien publié sur le site Aleteia, il rappelle cette histoire:  


    "Comment les banquets deviennent-ils au XIXesiècle une arme politique au service de la République ?

    Jean-Victor Roux : En 1789, les révolutionnaires reprennent les rites du banquet grec. À l’inverse de la table royale, hiérarchisée et exclusive, le banquet rassemble des citoyens c’est-à-dire des égaux. Au XIXe siècle, les républicains s’inscrivent dans cette filiation et voient également dans les banquets une pratique politique d’opposition qui permet de contourner les entraves à la liberté de réunion en créant un cadre semi-privé monnayant un droit d’entrée. La campagne des banquets de 1847, précipitant la chute de la monarchie en 1848, scelle le mythe du banquet dans le combat pour la République. Celle-ci utilise par la suite ce rituel pour montrer son unité, à travers ces territoires, à l’occasion du banquet du 22 septembre 1900, réunissant pas moins de 22 000 maires au jardin des Tuileries pour une célébration nationale s’appropriant les spécialités régionales.

    Vous montrez aussi dans votre livre que ceux-ci sont utilisés dans un combat anticlérical. De quelle manière ?

    Au début des années 1900, une fois la République établie, le banquet devient davantage thématique. Alors que l’un des principaux enjeux politiques est la séparation des Églises et de l’État, des banquets sont organisés pour défier le parti clérical. Le registre de la table relève en partie du défi envers l’ascétisme qui a longtemps caractérisé les dogmes religieux, les convives faisant bien peu de cas de la distinction entre jours gras et maigres. Le soin apporté à la rédaction du menu constitue une invitation pour les participants à aborder le thème de la séparation. Cela se poursuit même après le vote de la loi du 9 décembre 1905 qui est loin de mettre fin à une tension sociale qui devait se poursuivre pour encore des décennies. Un banquet organisé à Tours en 1910 est particulièrement éloquent. Outre la structure d’une messe (« introït », « offertoire », « élévation »…) qui remplace les traditionnelles divisions entre entrées, plats, desserts, le nom des plats (« langouste à la cardinale », « tête de veau sauce liturgique ») invite à la dérision. Le menu se termine par « ite missa est », qui marque d’ordinaire la fin de l’office, suivi du terme « français » renvoyant chaque participant à sa citoyenneté, et non à une quelconque croyance. Finir ainsi constitue une claire affirmation de la supériorité du temporel sur le spirituel.

    Cette tradition des banquets se perpétue-t-elle encore aujourd’hui dans les milieux anticléricaux comme ceux de La libre pensée ?

    Ce genre de manifestations perdure, et des associations engagées mettent toujours au goût du jour des « banquets laïques et républicains » et autres « banquets gras ». Si la question religieuse était au départ prégnante, elle me paraît aujourd’hui moins centrale et reléguée au rang de folklore. Les événements de ce type qui ont aujourd’hui le plus d’écho sont des banquets du 21 janvier, jour de la mort de Louis XVI, au cours desquels on partage une tête de veau qui symbolise la décapitation de la figure honnie".

    La tradition des banquets république perdure. Elle a aujourd'hui une dimension plus laïque que anticléricale. Elle a été importante en Eure et Loir, avec notamment les banquets Marceau. Elle reprend force et vigueur avec le banquet du vendredi 25 mai organisé par le Collectif laïque d'Eure et Loir. Il est précédé de la plantation d'un Arbre de la Laïcité. Voir notre article. 

    Exposition Universelle de 1900. Le jardin des Tuileries..jpg

    Le banquet des maires de France, au Jardin des Tuileries en 1900. 

    Son histoire est restée fameuse. Voir le site 

  • Plantation d'un Arbre de la Laïcité et Banquet républicain le 25 mai

    Le 15 mai, en Salle des Fêtes de Landelles, se déroulera le banquet républicain organisé par le Collectif laïque d'Eure et Loir dont est membre de Cercle Condorcet-Viollette. Un Arbre de la Laïcité sera planté à cette occasion. D'où vient cette tradition ? Elle semble récente. En fait plonge ses racines -c'est le cas de le dire- dans des traditions populaires de longue date. 

    De l'Arbre de Mai à l'Arbre de la Laïcité.

    Arbre-de-la-laïcité.jpg

    Depuis une quinzaine d'années, le mouvement laïque se mobilise autour du jour anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le 9 décembre, et au-delà tout au long de la semaine. Cette journée se veut associative. L’objectif n’est pas de revendiquer un nouveau jour férié, voire chômé. Ni même une journée nationale officielle, telle que celles proposées par Sophie Joissains au Sénat ou Jacques Myard à la Chambre des députés. Il s’agit d’illustrer et de défendre les principes et les valeurs laïques, en particulier la liberté de conscience.

    Parmi les initiatives, l’une d’entre elles se distingue par son originalité : la plantation d’Arbres de la Laïcité, en relation avec des municipalités sensibles aux questions laïques. Ces initiatives se sont répandues tout au long de l'année, pour diverses occasions. C’est à Guy Georges, ancien secrétaire général du Syndicat national des instituteurs, que nous devons l’idée et l’impulsion pour sa mise en œuvre. Ce beau geste symbolique est évidemment inspiré par les Arbres de la Liberté. Selon Jacques Godechot « L’arbre de la liberté n’est autre que l’ancien « mai » que les paysans plantaient généralement à l’occasion des fêtes votives, tradition héritée sans doute des vieux cultes païens. Les premiers arbres de la liberté furent plantés dans le Périgord dès le mois de janvier 1790 » (Les institutions de la France sous la Révolution et l'Empire, PUF, 1998).

    L’arbre de mai était un poteau décoré d’emblèmes manifestant de façon festive la cohésion populaire communale. L’arbre de la liberté s’en inspire tout en lui donnant un sens nouveau : l’affirmation de la souveraineté du peuple (Eric Fechner « L’arbre de la liberté » Revue Mots n° 15, octobre 1987). Des milliers furent plantés. L’abbé Grégoire, député à la Convention, leur consacrera une importante étude. On en plantera encore en 1830, en 1848 (où ils furent bénis par le clergé !), en 1871 et à la Libération. L’arbre est un puissant symbole par son enracinement, par sa fière verticalité et par son feuillage protecteur. Parmi les symboles de la Révolution, l’arbre de la liberté est, d’après Albert Mathiez « le plus vivace dans l’âme populaire » (Les origines des cultes révolutionnaires. Société nouvelle d’édition et de librairie. 1904). A la suite des arbres de Mai et de la liberté, on plantera des arbres de la fraternité, de la raison, de l’union, de la vertu… L’arbre de la laïcité s’inscrit dans l’histoire populaire et dans la mémoire révolutionnaire. La laïcité comme garante de nos libertés est mise à l’honneur, contre les conceptions de ceux qui la réduisent à des interdits.

    Venez, toutes et tous, participer à ce moment symbolique,
    et à ce banquet festif !

    C'est à Landelles, Salle des Fêtes le vendredi 25 mai à 19 heures.

    N'oubliez pas de vous inscrire en envoyant votre chèque de 30 € à l'ordre du Collectif laïque du Perche

    A poster à l'Union Rationaliste-Collectif laïque 32 rue Pannard 28190 Courville-sur-Eure

    Tout est sur l'affiche ci-dessous:

    Banquet mai 2018.jpg

     

  • "Dessiner la liberté" Rassemblement laïque Samedi 6 janvier Place du Châtelet Chartres

    Le samedi 6 janvier 2018 les quinze organisations rassemblées dans le Collectif laïque d'Eure-et-Loir se retrouveront à 


    Chartres Place du Châtelet de 10 h à 14h
    sur le thème "DESSINER LA LIBERTE".

    En mémoire des caricaturistes assassinés il y a trois ans, pour la liberté d'expression, en particulier en matière religieuse. Vous pourrez rencontrer les membres de ces associations et deux caricaturistes euréliens: Michel Fily et Paul Chevrier. 

    Pour mémoire,

    Le mercredi 7 janvier 2015 deux tueurs djihadistes surgissent au siège du journal satirique "Charlie hebdo" à Paris. Ils assassinent douze personnes.

    Frédéric Boisseau, agent d’entretien,

    Franck Brinsolaro, brigadier au service de la protection,

    Jean Cabut, dit Cabu, dessinateur,

    Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse,

    Stéphane Charbonnier, dit Charb, dessinateur,

    Philippe Honoré, dit Honoré, dessinateur,

    Bernard Maris, économiste et chroniqueur,

    Ahmed Merabet, agent de police,

    Mustapha Ourrad, correcteur,

    Michel Renaud, ancien directeur de cabinet du maire de Clermont,

    Bernard Verlhac, dit Tignous, dessinateur,

    Georges Wolinski, dessinateur.

    C'est le début d'une série de tueries dont le point culminant sera celle du 13 novembre de la même année.  

    A la suite de la tuerie de janvier 2015 d'immenses manifestations rassemblent de façon spontanée environ quatre millions de personnes. Les Euréliens se manifestent dans le même mouvement. Le 7 janvier le Collectif laïque d'Eure-et-Loir rend public un communiqué. Des rassemblements s'opèrent en Eure-et-Loir dès le vendredi 9 janvier, et s'agrègent aux quatre millions de personnes mobilisées les samedi 10 et dimanche 11 janvier.