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Nos actions

  • Prix de la Laïcité: mention spéciale pour le jeu de rôle créé par la FOL d'Eure-et-Loir

    À l’occasion des rencontres « Territoires vivants de la laïcité », qui se sont tenues le 10 décembre à Paris, l’Observatoire de la laïcité décernait son prix de la laïcité de la République française 2018 et plusieurs mentions spéciales.
    La Ligue de l’enseignement d’Eure-et-Loir s’est vue récompensée par la mention spéciale « éducation populaire » pour la création de son jeu de rôles « La laïcité se prête au jeu ».

    Ce jeu est le fruit d’un long travail collectif, porté notamment par Ninon, volontaire en service civique auprès de la Ligue 28, qui a suivi toute sa conception.

    Il s’adresse aux jeunes et aux ados : animateurs BAFA, volontaires en service civique… pour comprendre, par le jeu, ce que revêt la laïcité au quotidien. Comme l’expliquent les responsables de la Ligue d’Eure-et-Loir, « le jeu est peut-être le meilleur moyen pour parler de laïcité aux jeunes ».

    Point de départ du jeu : les participants constituent six groupes : 3 groupes représentant chacun une religion, 1 groupe les athées et agnostiques, 1 groupe les élus, et 1 dernier groupe les médias. Tous se rendent au « Congrès annuel du vivre ensemble de la Ligue de l’enseignement d’Eure-et-Loir » pour y débattre et travailler sur les lois qui leur semblent importantes. Par la rencontre et l’échange au sein des différents groupes, les idées fusent, se confrontent, et des propositions sont élaborées et présentées au groupe des élus en vue d’être acceptées…

    Le Prix de la laïcité de la République française 2018 a, quant à lui, été décerné à l’association PromoFemmes, qui aide, depuis 25 ans, des femmes migrantes sur la ville de Bordeaux. L’association vient d’adopter une charte innovante de la laïcité avec comme objectif de répondre à la question : « comment mieux vivre ensemble en s’enrichissant de nos différences? ».

    Plus d’information sur le jeu « La laïcité se prête au jeu » :

    Descriptif de l'action

    Fiches techniques

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    Remise du Prix de la Laïcité: de gauche à droite

    Jean-Louis Bianco, François Millien, Nataly Quémerais, Marc Lesage.

  • Nogent 28 novembre. Les lanceurs d’alerte, avec Stéphanie Gibaud, lanceuse d'alerte dans le secteur bancaire

    L'association "Mai Pourquoi" et le Cercle Condorcet-Viollette d'Eure-et-Loir invitent à une soirée débat sur le thème "Les lanceurs d'alerte". Elle aura lieu le mercredi 28 novembre 2018 à 18 h 30 Salle Simone Signoret avenue de la République à Nogent-le-Rotrou. La conférencière est Stéphanie Gibaud, lanceuse d’alerte dans le secteur bancaire, auteure du livre « La traque des lanceurs d’alerte ». L'entrée est libre. Si vous souhaitez participer repas convivial à 20 € tout compris après le débat : nous contacter pour inscription Mai Pourquoi: 06 42 11 13 81 maipourquoi28@gmail.com  

    Stéphanie Gibaud, interviendra l’après midi au lycée Rémi Belleau devant la communauté éducative, élèves, professeurs et parents, pour évoquer la place croissante des lanceurs d’alerte dans nos sociétés permettant de mettre en lumière ce qui peut être caché aux citoyens, aux contribuables ou aux consommateurs.

    traque lanceurs.jpgStéphanie Gibaud est une spécialiste des relations publiques. Elle est devenue sans vraiment le choisir une référence dans la défense des lanceurs d’alerte. Si elle avait détruit les documents dont son ex-employeur, la banque UBS, lui demandait soudain de se débarrasser en juin 2008, elle aurait été probablement mise en examen. Elle travaillait dans le secteur Communication et Evénementiel / Relations Publiques de cet  établissement et ignorait la portée des documents qu’on lui demandait de faire disparaître. Des perquisitions avaient lieu, une enquête était en cours, et elle a refusé de se rendre complice de pratiques illicites. Elle fait une alerte interne à sa direction sans jamais contacter des journalistes. En état de faiblesse, elle sera repérée par l’Etat français et sera contrainte de communiquer des informations confidentielles qui contribueront à identifier 38.000 comptes offshore à hauteur de 12 milliards d’Euros.

    En 2014, Stéphanie Gibaud devient Secrétaire générale de l’association PILA (plate-forme internationale des lanceurs d’alerte). Auteur de « La Femme qui en savait vraiment trop », elle reçoit en 2015 le prix Anticor avant d’être nominée pour le prix Sakharov avec les lanceurs d’alerte Edward Snowden et Antoine Deltour. Son deuxième ouvrage « La traque des lanceurs d’alerte » a été publié en 2017. Julian Assange a écrit l’introduction de ce livre où le cas d’une cinquantaine de lanceurs d’alerte sont relatés, en France et à l’étranger.

    Les lanceurs d’alerte permettent la prévention ou la révélation des failles et dysfonctionnements de nos Etats, de nos systèmes politiques, économiques et financiers. Leur action permet des avancées considérables dans la lutte contre la corruption au plan national ou européen. Dans nos sociétés, la complexité du droit et du fonctionnement des organisations rend difficile la connaissance des abus, des détournements et des pratiques corruptrices de la liberté et de la démocratie. Renforcer la protection de ceux qui révèlent ces pratiques est devenue indispensable. 

    La loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique, dite « Sapin 2 », a créé en 2016 un régime général pour la protection des lanceurs d’alerte. elle organise la protection du salarié selon une procédure de signalement à 3 paliers. Elle oblige les entreprises importantes à mettre en place une procédure de recueil des signalements. Hors du cadre du travail, la loi ne prévoit pas de procédure obligatoire. Pour être protégé, le citoyen doit agir de manière responsable.

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    Stéphanie Gibaud

     

  • Banquet républicain le 25 mai

    Les banquets existent bien sûr depuis l’Antiquité. Mais lors de la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790, ils prennent un sens nouveau puis  le nom de banquet républicain. Lors de ces repas l'accent est mis sur les trois principes de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité. En 1948 c’est une grande campagne de banquets qui mobilise et permet l’avènement de la II° république. La grande époque des banquets républicains fut bien sûr la III° République.

    Un jeune historien, Jean-Victor Roux, est l'auteur de "La table, une affaire d'État" paru aux éditions du Cerf et préfacé par la journaliste Raphaëlle Bacqué. Dans un entretien publié sur le site Aleteia, il rappelle cette histoire:  


    "Comment les banquets deviennent-ils au XIXesiècle une arme politique au service de la République ?

    Jean-Victor Roux : En 1789, les révolutionnaires reprennent les rites du banquet grec. À l’inverse de la table royale, hiérarchisée et exclusive, le banquet rassemble des citoyens c’est-à-dire des égaux. Au XIXe siècle, les républicains s’inscrivent dans cette filiation et voient également dans les banquets une pratique politique d’opposition qui permet de contourner les entraves à la liberté de réunion en créant un cadre semi-privé monnayant un droit d’entrée. La campagne des banquets de 1847, précipitant la chute de la monarchie en 1848, scelle le mythe du banquet dans le combat pour la République. Celle-ci utilise par la suite ce rituel pour montrer son unité, à travers ces territoires, à l’occasion du banquet du 22 septembre 1900, réunissant pas moins de 22 000 maires au jardin des Tuileries pour une célébration nationale s’appropriant les spécialités régionales.

    Vous montrez aussi dans votre livre que ceux-ci sont utilisés dans un combat anticlérical. De quelle manière ?

    Au début des années 1900, une fois la République établie, le banquet devient davantage thématique. Alors que l’un des principaux enjeux politiques est la séparation des Églises et de l’État, des banquets sont organisés pour défier le parti clérical. Le registre de la table relève en partie du défi envers l’ascétisme qui a longtemps caractérisé les dogmes religieux, les convives faisant bien peu de cas de la distinction entre jours gras et maigres. Le soin apporté à la rédaction du menu constitue une invitation pour les participants à aborder le thème de la séparation. Cela se poursuit même après le vote de la loi du 9 décembre 1905 qui est loin de mettre fin à une tension sociale qui devait se poursuivre pour encore des décennies. Un banquet organisé à Tours en 1910 est particulièrement éloquent. Outre la structure d’une messe (« introït », « offertoire », « élévation »…) qui remplace les traditionnelles divisions entre entrées, plats, desserts, le nom des plats (« langouste à la cardinale », « tête de veau sauce liturgique ») invite à la dérision. Le menu se termine par « ite missa est », qui marque d’ordinaire la fin de l’office, suivi du terme « français » renvoyant chaque participant à sa citoyenneté, et non à une quelconque croyance. Finir ainsi constitue une claire affirmation de la supériorité du temporel sur le spirituel.

    Cette tradition des banquets se perpétue-t-elle encore aujourd’hui dans les milieux anticléricaux comme ceux de La libre pensée ?

    Ce genre de manifestations perdure, et des associations engagées mettent toujours au goût du jour des « banquets laïques et républicains » et autres « banquets gras ». Si la question religieuse était au départ prégnante, elle me paraît aujourd’hui moins centrale et reléguée au rang de folklore. Les événements de ce type qui ont aujourd’hui le plus d’écho sont des banquets du 21 janvier, jour de la mort de Louis XVI, au cours desquels on partage une tête de veau qui symbolise la décapitation de la figure honnie".

    La tradition des banquets république perdure. Elle a aujourd'hui une dimension plus laïque que anticléricale. Elle a été importante en Eure et Loir, avec notamment les banquets Marceau. Elle reprend force et vigueur avec le banquet du vendredi 25 mai organisé par le Collectif laïque d'Eure et Loir. Il est précédé de la plantation d'un Arbre de la Laïcité. Voir notre article. 

    Exposition Universelle de 1900. Le jardin des Tuileries..jpg

    Le banquet des maires de France, au Jardin des Tuileries en 1900. 

    Son histoire est restée fameuse. Voir le site