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Pour en finir avec le délit de "blasphème"

Le délit de "blasphème" a été aboli de fait par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Mais on constate des tentatives pour le rétablir d’une façon ou d’une autre. Le Cercle Condorcet-Viollette y a consacré une soirée le 30 janvier.

 

 

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Dessins de Charb

L’évolution de la société française et européenne a pu faire penser que la question elle-même était périmée. Mais à partir du milieu des années quatre-vingt les affaires se sont multipliées. Jean Boulègue en a fait un inventaire minutieux dans son livre « Le blasphème en procès 1984-2009 » Anastasia Colosimo a complété son travail avec « Les bûchers de la liberté ». Ils décrivent notamment l’essor de l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité chrétienne et française (AGRIF). Cette organisation est fondée par Bernard Antony, militant nationaliste et traditionaliste catholique très actif. L’AGRIF utilise la loi de 1972 contre le racisme, dite Loi Pleven. Cela peut surprendre. Son article 1 proscrit « la discrimination, la haine, la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

L’interprétation par le juge du mot « religion » est déterminante. S’agit-il d’une idéologie ou d’un aspect de la personnalité d’un individu ou d’un groupe d’individus? Une idéologie est toujours critiquable. Alors qu’il existe un risque de discrimination dans le deuxième cas. Sur plus de 200 procès, l’AGRIF en a gagné 35 (pas seulement en utilisant la loi Pleven). Dans le registre qui nous intéresse, c’est une victoire sur Charlie Hebdo qui nous interpelle. A l’occasion de la venue en France du pape Jean-Paul II, un numéro « Spécial pape » est publié en  septembre 1996. Il contient des pages en forme d’affiches représentant notamment  divers instruments, guillotine, canon, invitant à exécuter le pape.  En novembre 1997, la cour d’appel de Paris déclare Charlie-Hebdo et le dessinateur Gébé coupables du délit de « provocation à la discrimination envers la communauté des catholiques ».

On voit donc que la question est loin d’être réglée. La liberté d’expression en matière religieuse reste menacée ave des arguments nouveaux. Ce combat lié à la laïcité est plus que jamais d’actualité…

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